Nina WATEKO : « Le chant est mon champ », car j’ai le son dans mon sang »

Nina Wateko…

Bonjour Nina, Comment allez-vous ?
Bonjour ! je vais bien.

Qui êtes-vous Nina ? D’où venez-vous ?
Nina WATEKO est une Artiste-Chanteuse et Interprète. Je suis congolaise de Brazzaville, par mes origines.

Quel mot vous décrit ?

La chanson !

Quelle est votre devise ?
« Le chant est mon champ », car j’ai le son dans mon sang »

Êtes-vous plutôt Fally, Koffi, Roga Roga, Pamelo Mounkam Angélique Kidjo ou bien Barbara Kanam ?

Désolée, je ne suis aucun de toute cette liste : Je suis Nina WATEKO, avec une touche personnelle et une technique de chant particulière. Les personnes cités ont chacune une touche personnelle qui les caractérise.

Vous êtes actuellement en tournée européenne, pouvez-vous nous en dire un mot ?
Ma tournée Européenne entre dans le cadre de la promotion de EP intitulé THE TRAVELER qui est ma toute dernière œuvre artistique. Mon EP est sur toutes les plateformes officielles de distribution, en streaming et en téléchargement. Cette tournée européenne qui va m’emmener de la France, en passant par l’Italie, la Belgique, la Suisse, l’Espagne et l’Allemagne…

Des albums à votre actif ou en vue ?
Je chante depuis l’âge de 12 ans. Aujourd’hui, j’en ai 29. J’ai plus chanté comme choriste. En actif, j’ai 2 singles et 1 EP qui est sorti le 20 août 2021. Pour le moment, mon objectif est d’élargir la stratégie de la communication et promotion de mon EP, The Traveler, pour sa grande visibilité. C’est le moment le plus difficile, car il faudrait atteindre tout le monde et leur faire découvrir mon univers musical ou artistique.

Votre titre « The Traveler », est-ce un hommage à une personne ? De quoi parle-t-il ? Félicitations pour cette œuvre… elle est immense.
Merci beaucoup déjà par vos compliments et vos encouragements à propos de cette œuvre. Que Dieu soit loué ! Mon titre « The Traveler », le voyageur en français et Obhémbi en langue mbochi du nord Congo-Brazzaville, est une véritable ode à l’amour : c’est une poésie de l’amour.
The Traveler parle d’une rencontre incognito entre une femme et un homme qui voyage pour une destination inconnue. De cette hasardeuse rencontre naît un coup de foudre. Leurs cœurs parlent plus fort. Le temps s’arrête. Et déjà la femme voit son cœur s’en aller à mesure que s’éloigne cet inconnu. Manquant de force pour ravir son cœur, elle s’étonne de voir naître en elle ce sentiment étrange, subversif, envoûtant qui lui fait tourner irrésistiblement vers l’inconnu qui s’éloigne toujours un peu plus. Qui donc est ce « ruba-cuore », ce voleur de cœur ? Il n’y a jamais eu d’échange de paroles entre eux. Ils se sont juste regardés et l’étincelle a fait incendie dans leur cœur, ravages dont l’amour détient seul le secret.

Quelle chanson qui a fait votre éducation musicale ?

Mon éducation musicale vient du Titre : « Pour que tu m’aimes encore » de Céline Dion.

Quelle chanson a changé votre vie ?

La chanson qui a changé ma vie artistiquement et par sa profondeur dans les paroles de son texte, c’est toujours : « Pour que tu m’aimes encore » de Céline Dion

La plus grande leçon que la vie vous a apprise ?

L’Amour et la Paix ce sont les maitres-mots qui composent toute la leçon de ma vie. Tout tourne autour de ces 2 valeureux mots. Avec l’Amour et la Paix, il ne peut y avoir la guerre dans les quatre coins du monde.

Quelles difficultés rencontrez-vous dans l’exercice de ta profession ?

Comme des difficultés dans tout corps de métiers, il en existe beaucoup dans notre métier. Surtout la place de la femme dans ce métier : elle n’est pas vue d’un bon œil, la femme chanteuse et / ou musicienne. De même pour le nombre de femmes artistes et chanteuses, elles sont en minorité.

Quel est votre plus beau souvenir ?

Mon plus beau souvenir, c’est la sortie mon disque actuel « The Traveler »

Êtes-vous un auteur compositeur ? Si oui, comment les chansons vous parviennent-elles ? Par rêve ou par l’observation des phénomènes sociaux ?

Je suis Artiste-Chanteuse, Auteure, Compositrice et Interprète. L’inspiration est un souffle de l’Eprit de Dieu dans ce que vous pouvez faire. Quant à moi, mes inspirations viennent quelques fois par cette sensation spirituelle du message ou une idée qui vous traverse la tête en une fraction de seconde. Cependant, l’Artiste est aussi un miroir de la société, les réalités quotidiennes de la vie de ma vie et celles des mes frères et sœurs qui vivent à mes cotés m’inspirent beaucoup. C’est pour cette raison que mes titres sont des chansons à thèmes. Mes thèmes sont : la vie de la femme dans la société africaine, la violence faite aux femmes et aux enfants, les femmes et les enfants abandonnés ou chassés des foyers conjugaux ou familiaux, l’immigration, le respect des droits les plus élémentaires des femmes, des enfants, de l’Homme en général. Je dénonce l’injustice. Tout en demandant aux acteurs de vie politique, influenceurs et autres décideurs de sauver le monde et la nature en votant des lois pour la protection de la nature et de l’environnement. Moi, Nina WATEKO, je suis une chanteuse des chansons à thèmes et porte-parole des sans voix pour dénoncer les injustices et ce qui peut reléguer l’humain au rang d’animal (Le mal).

Quel est votre style ? Le style Nina WATEKO.
Le style et l’univers musical de l’Artiste-Chanteuse Nina WATEKO que je suis, est un style musical qui fusionne ma musique congolaise, mon folk du Congo natal mixé à des sonorités plus world music. Car le monde est devenu un village planétaire. Tout ceci sans perdre son originalité artistique et musicale : le son du + 242 (code ya mboka ezanga te). Ma musique est de la world music axée sur l’african music, le folk congolais sur une ‘instrumentalisation qui suit une ligne de jazz. Quand vous écoutez ma musique et mes arrangements musicaux qui sont dans mon EP « The Traveler », vous ressentez les influences musicales à la croisée du jazz, de la soul, de l’African music et de la world music.

Quelle est la différence entre musicien et chanteur ? Et Nina ?
Il y a des artistes musiciens et des artistes chanteurs : Un musicien est celui qui joue à un instrument de musique. Cependant, un chanteur est celui ne fait que chanter. Il existe aussi des artistes musiciens et chanteurs : ceux-là jouent d’un instrument de musique et chantent en même temps.

Quel est votre artiste de cœur, celui qui vous inspire le plus ?
Je préfère répondre au pluriel : Mes artistes de cœur qui m’inspirent le plus ce sont : Angélique Kidjo, Yémi Aladé et Charlotte Dipanda. Mon rêve le plus beau c’est de pouvoir faire un featuring avec l’une d’elles.

Des projets en vue ?
Des projets en vue, j’en ai plusieurs. Pour l’instant, le projet d’envergure c’est de faire connaitre mon EP « The Traveler » ou Obhémbi-le Voyageur dans le monde entier. Pour cette raison, j’invite et prie tout ceux ou celles qui liront mon interview de me suivre sur Facebook, YouTube, Instagram, LinkedIn, Spotify et Twitter, en tapant simplement Nina WATEKO. Ils ne pourront plus manquer mon actualité musicale et autres projets. Cela étant, je vous demande et par ricochet, à tous les amoureux de la bonne musique de vous abonner à ma chaine YouTube Nina WATEKO et ma page Facebook, Nina WATEKO, la Diva. Sans vous mes fans et mélomanes pour une Fanbase consistante, je ne suis rien : je ne suis RIEN sans vous mes FANS dans le monde entier. Je vous love, la famille ninalogique du Monde.

Un souhait ?
Je prie Dieu de me donner UNE SANTÉ DE FER pour pouvoir mieux réaliser ma musique et satisfaire les exigences artistico-musicales de mes fans et famille ninalogique où qu’ils sont. Sans oublier aussi que l’Année 2021 est mon Année de Grâce !

N.B. : je suis à la recherche d’une attachée de presse, d’un Booking agent ou d’une agence de Booking et d’un tourneur manager pour avoir des dates des concerts et festivals de la saison 2022/2023. Car un artiste sans Booking Agent est comme un fleuve sans eau ou comme une ville sans hôtels. Imaginez la suite ?


Merci beaucoup !

C’est à moi, Nina WATEKO, de vous remercier. Sans vous de la communication, comment pourrais-je me faire découvrir auprès de vos lectrices et lecteurs, par exemple ?

Conversations avec Nathasha Pemba

Nina WATEKO : « Le chant est mon champ », car j’ai le son dans mon sang »

Questioning the thread of life with Poetry

Mon inspiration c’est toi, published in April 2021 by Proximité, Yaounde, is the second collection of poems by Asse X through which the iconoclastic and subversive author directly questions the thread of life.

Exploring the expression of the seen, said and questioned life, with the most possible subjecive approach, is the topic of this literary output. The reader may witness, in a particularly expanded form, the themes the poet is fond of: love, meditation, memory…life. Written in an open style, the poeticized lines of Asse X stand as the course of an observation-meditation inviting the reader to a perpetual movement. To serve a crucial thinking on the values and essence of existence.

The collection of Asse X, made of thirty lyrical poems, intentionally monotonous to reach the reader’s soul, becomes the analysis of his own experiences and torments throughout the times and events marking them… And, instead of pages, we could talk of sequences, since the layout of the poems seems cinematic. After experiencing life, death and meditation within a heady world and human antics, it is an early episode of facts doing and undoing the current life of the poet that is exposed. The poet’s memory of the trace count, to certainly complete a specific cycle and start a new one.

His poetry therefore stands as the investment of the deep identity of topics. It also gives itself the chance to suggest and portray unexpected, unpredictable resources. In life. Death. Depression. Everything!

Can improve…

Asse X can improve by proposing a more lively and sharp rhythm. Aware. The young and promising Cameroonian author should then work more on the imaginative aspect of his writing, which in turn shall enrich his lines by allowing it to bear a more important amount of thoughts. Spatiotemporally unalienable characteristics of any act of writing, that captures, led by some poetic chance, the violence and insubordination of the wear of time. 

Mon inspiration c’est toi by Asse X identifies henceforth with an inner odyssey that is experienced in the Self, reaching his deepest memories and secrets, to the expense of any aesthetic need or any purist respect of an established standard. It appears clearly that the more Asse X stoically looks into his own universe, the better he grows a high singularity poetic language that may become the essence of others.

Baltazar Atangana Noah-Nkul Beti

Literary critic

Mariette Mendes : Mon féminisme est avant tout action

Mon féminisme est avant tout action. Mon féminisme et une actualisation, dans ma vie, de la tigritude. Il ne sert à rien de pleurnicher tout le temps. Il faut se relever, bondir et arracher à la vie ce qu’on estime qu’elle nous doit. Mon féminisme est un creuset de réflexions pour le développement, qu’on soit homme ou femme.

Présentez-vous et parlez-nous de votre parcours scolaire ?

Je suis Mariette Mendes, épouse, mère, créatrice de mode, entrepreneure, écrivaine, originaire de la côte d’ivoire et vivant à New York aux Etats Unis. J’ai obtenu le BAC au Lycée Mamie Adjoua de Yamoussoukro. Après des études en Sciences Economiques à l’Université d’Abidjan, je suis rentrée à l’Institut National Polytechnique Félix Houphouët Boigny où j’ai obtenu un diplôme d’ingénieur en marketing et commerce international. Plus tard quand j’ai embrassé le domaine de l’entreprenariat, j’ai trouvé nécessaire de me former en business pour une meilleure gestion de mes affaires. Je suis donc retournée aux études pour un MBA (master in business administration) dont je suis titulaire depuis 2017.

Après avoir lu votre livre, « De la compassion à l’action » qui retrace votre parcours, vos échecs et vos succès, vos joies et vos peines, une question s’impose à moi : « Pourquoi la présence des parents est-elle nécessaire pour la réussite de l’enfant ? »

Pour ma part comme je l’ai évoqué dans le livre, j’été obligée de vivre loin des parents après l’obtention de mon BAC à l’âge de 17 ans. Encore adolescente j’ai mal vécu cette séparation parce que j’avais encore besoin d’eux pour me guider et pour faire face à l’adversité dans une ville aussi bouillonnante qu’Abidjan. Je pense que je ne me sentais pas vraiment équipée pour faire face à tout cela et je me sentais vraiment seule sans protection en plus d’être dans le besoin. Nos parents nous apprennent tout, mais pas à vivre sans eux. Ce qui est vraiment dommage. Livrée à moi-même j’étais à la merci de tout. Quand j’étais avec eux, ils décidaient de tout à ma place, ils m’ont certes offert un bon cadre pour les études qui m’a permis d’être une brillante élève, mais ils ne m’avaient pas appris à prendre des décisions toute seule, à me fixer des objectifs clairs. Du coup, seule dans la capitale, je me suis sentie abandonnée et perdue, incapable de trouver des solutions aux problèmes qui se posaient à moi. Cela a provoqué en moi une perte de motivation et surtout une plongée dans l’anxiété. Parce que comme je l’ai dit, je n’arrivais pas aussi à subvenir à mes besoins. Quand tu éprouves ce sentiment d’abandon et de manque, tu as une perte d’estime de soi et surtout tu as du mal à trouver ta place parmi les autres. Il y a forcément un trouble au niveau du comportement. Tu peux devenir soit agressif, soit être plus en retrait en te repliant sur toi-même.  Il est donc normal que l’enfant ait des difficultés à réussir, si toutes ces choses doivent arriver quand les parents de gré ou par contrainte n’assument plus leur rôle d’éducateur, de pourvoyeur de soins et de protecteur. Pour éviter les problèmes comme la dépression, l’alcool, la drogue ou encore la prostitution, l’idéal serait que les deux parents, père et mère, parce que les deux jouent des rôles différents, soient aux côtés des enfants au moins jusqu’à l’âge adulte. S’il arrivait que père et mère soient absents par la force des choses, par exemple décès ou divorce, il faudrait qu’on trouve aux enfants un cadre où il y a des personnes qui puissent jouer ces rôles que j’ai évoqué plus haut. Ça devrait être le combat de la société aujourd’hui. Parce que c’est de là que viennent tous les problèmes que subissent les nations. Quand on a fini de compatir, il faut passer à l’action, c’est-à-dire donner corps et vie à sa passion.

Pourquoi suivre sa passion ? Quels sont les avantages de travailler sur ses talents et poursuivre sa passion ?

Il est important de faire ce qu’on aime, parce que plus on fait ce qu’on aime plus on est heureux et plus on veut partager cette joie avec les autres. Faire ce qu’on aime nous permet de libérer des émotions positives qui sont nécessaires à notre épanouissement et surtout qui sont bénéfiques pour notre santé. Poursuivre donc ta passion te donne la capacité d’être soi-même, d’agir en cohérence avec ses valeurs, ses pensées et ses sentiments. On se sent mieux dans ses baskets et on peut commencer à respecter véritablement les autres et faire preuve de gentillesse à leur égard.  Lorsque nous travaillons dans le domaine de nos talents nous avons plus de liberté et nous nous découvrons mieux, nous sommes plus créatifs. La créativité est ce qui nous permet de nous sentir connectés à l’essence de nous-même. Avec notre talent nous pouvons faire la différence et être une personne authentique. Être authentique, c’est s’accepter, s’aimer et s’assumer, avec responsabilité. Accepter ce que vous êtes et faire rayonner votre personnalité. La meilleure manière de faire sa place et de la conserver, c’est en étant vrai, honnête et authentique.

Quand on se conforme à l’environnement on peut être victime de cet environnement qui va nous juger et influencer notre personnalité, nous ferons tout en fonction de cet environnement. Quand on est authentique, on fait tout en fonction de nos besoins et de ce qu’on est. Il est donc important de se connaitre et de rentrer en soi. Les distractions de l’environnement nous empêchent de nous connaître.

Être authentique, c’est s’accepter, s’aimer et s’assumer, avec responsabilité. Accepter ce que vous êtes et faire rayonner votre personnalité. La meilleure manière de faire sa place et de la conserver, c’est en étant vrai, honnête et authentique.

Comment définissez-vous le féminisme ?

Mon féminisme est avant tout action. Mon féminisme et une actualisation, dans ma vie, de la tigritude. Il ne sert à rien de pleurnicher tout le temps. Il faut se relever, bondir et arracher à la vie ce qu’on estime qu’elle nous doit. Mon féminisme est un creuset de réflexions pour le développement, qu’on soit homme ou femme. Il est fondamentalement une redécouverte à frais nouveau de la nécessité de la discipline et de l’effort acharné pour sortir de la précarité et aider les jeunes à se réaliser. Comme vous le savez, pour réussir il est important de développer certaines qualités et d’avoir une certaine discipline. Il faut travailler sur ses habitudes. Le courage, la constance, la persévérance, la patience et le don de soi sont indispensables pour réussir. Il y a aussi le goût du risque, c’est-à-dire se lancer sans savoir ce qui nous attend. C’est un acte de foi qui stimule notre volonté et justifie notre désir. La prise de décision est aussi importante, malheureusement nos parents ne nous apprennent pas à prendre des décisions, ils décident généralement pour nous et plus tard nous avons du mal à être indépendants et à bien nous orienter dans la vie. Il faut savoir faire des choix et les assumer, il faut être responsable et ne pas toujours blâmer les autres pour nos erreurs. L’entreprenariat qui est une solution que je propose à tous les jeunes est un secteur qui permet de développer toutes ces qualités.

Mon féminisme se veut préférence de la liberté à la sécurité. En effet, les conditions dans lesquelles on vit, nous emmène toujours à choisir la facilité, on veut juste satisfaire les besoins du moment sans penser au long terme, cela nous conduit à faire de mauvais choix, que ce soit le choix d’un métier ou même du conjoint. Nous pratiquons la plupart du temps des activités médiocres que nous n’aimons pas parce que nous voulons nous conformer à la masse. On préfère passer des concours, avoir un travail stable au lieu de chercher une activité noble qui nous challenge et nous permet de mettre en lumière notre individualité. On préfère être dépendant de l’environnement qui peut être soit le gouvernement, les sociétés privés, la famille etc. Nous devenons donc des esclaves de toutes ces institutions. Pourtant La liberté n’a pas de prix. Elle nous permet d’être authentique et de vivre la plénitude.

J’encourage les jeunes à trouver leur passion et à développer leur talent parce que c’est ce qui va leur permettre d’être réellement libre. Cela demande plus de travail, et peut même prendre plus de temps, mais cela vaut la peine de faire le sacrifice car nous auront plus tard le temps de nous occuper  de nos loisirs et surtout de l’éducation de nos enfants.

Prier et demander à Dieu de développer en nous les vertus tels que l’amour, la vérité, la bonté, la justice, la sagesse au lieu de vivre en se concentrant sur notre image ou notre apparence. Cela va nous emmener à faire de meilleurs choix de carrière, choix de conjoint et surtout connaitre notre mission de vie.

Mon féminisme se veut préférence de la liberté à la sécurité.

Quel est le secret ou comment rêver grand dans un environnement pauvre ?

Quand on est dans un environnement pauvre il faut savoir commencer petit même si on rêve grand.il faut éviter la facilité et aussi les distractions.il faut lire beaucoup. Ne pas trop compter sur l’aide. Faire confiance en ses forces et connaître ses faiblesses. Le problème est que quand nous sommes dans un environnement pauvre, le manque nous emmène à chercher des raccourcis et surtout à toujours vouloir demander de l’aide. Les raccourcis nous empêchent de déployer vraiment notre potentiel parce que nous engageons la plupart du temps dans des fonctions qui sont contraignantes et que nous n’aimons pas. Par ailleurs, à force de demander de l’aide, nous finissons par aimer la facilité et à nous contenter de peu. Nous attendons que les autres bâtissent notre vie à notre place. Cela nous dispense de notre capacité à rêver et nous ne pouvons que subir la vie. Nous sommes les esclaves de notre propre vie et nous perdons notre confiance en nous. Pour pouvoir rêver grand il faut avoir conscience de sa propre valeur et cela ne peut être possible que si nous faisons des choses qui sont en rapport avec notre personnalité. Nous devons écouter notre être intérieur et non la pression de l’environnement. Nous devons nous concentrer sur nous même pour savoir ce qui est réellement bon pour nous. Ce n’est pas facile de rentrer en soi même dans un environnement pauvre parce qu’il y a tellement de distractions. Mais ce n’est pas impossible non plus si nous choisissons de souvent nous retirer pour lire ou encore pour méditer. La prière et la lecture peuvent nous aider à nous connaitre et savoir ce qui est bon pour nous. Nous allons nous sentir capable d’obtenir de grandes choses  et allons donc y aspirer. Nous devons bien choisir les personnes que nous fréquentons parce que nos compagnies ont une influence sur notre mentalité. Commencer avec le peu que nous avons, parce que le seul fait d’être en action augmente notre confiance et nous pousse à vouloir désirer plus grand.

Nous sommes les esclaves de notre propre vie et nous perdons notre confiance en nous. Pour pouvoir rêver grand il faut avoir conscience de sa propre valeur et cela ne peut être possible que si nous faisons des choses qui sont en rapport avec notre personnalité.

Subir les coups de la vie n’est-il pas finalement nécessaire pour découvrir le sens de sa vie ?

Nous sommes dans un monde où nous devons toujours être prêts à faire face à l’adversité. Parce que c’est un monde où le bien et le mal existent et aussi tant que nous aurons des besoins, nous aurons à lutter pour y subvenir parce que c’est cela la destinée de l’homme depuis le péché d’Adam et Eve. Je suis donc d’accord que nous ne devons pas nous plaindre lorsqu’arrivent les difficultés et accepter de souffrir parce que cela fait partie du plan de Dieu pour nous. En effet, avec du recul, j’ai fini par comprendre que tous ces malheurs et ces moments de compassion ont contribué à faire de moi la personne que je suis maintenant. Une personne plus forte, plus avertie, qui sait ce qu’elle veut, où elle va et qui est finalement plus épanouie. Les coups de la vie m’ont fait sombrer dans un burn-out qui m’a vraiment ouvert un autre chemin, le chemin de la passion et du plein épanouissement. Cela m’a permis non seulement de me connaitre, mes forces et mes faiblesses, mais aussi de savoir ce qui est bon pour moi. Mais la plus belle chose que les coups de la vie m’ont donné c’est mon rapprochement avec le créateur, qui a été avec moi pendant tout ce chemin et qui par ma guérison et ma nouvelle vie me démontre que c’est à lui la puissance et la gloire. C’est donc vraiment avec beaucoup de gratitude que je parle de la prière dans le livre et c’est ce que je recommande à tout le monde quand arrivent les épreuves. Les coups de la vie nous les subirons tôt ou tard à un moment de notre vie. Le plus important c’est de se battre et pouvoir se relever quand on tombe. Il faut aussi croire et ne jamais abandonner.

Quels sont tes projets d’avenir ?

Dans le futur j’envisage contribuer à la sensibilisation des parents ou des couples afin qu’ils puissent être plus présents dans la vie de leurs enfants. C’est cela aussi le féminisme : travailler à redorer le blason de la famille. Sans la famille, les enfants sont perdus. Et si les enfants sont perdus, la société est menacée. Tout féminisme qui ne porte pas en haute estime le combat pour la consolidation de la famille, noyau de toute vie, est pure propagande. C’est du vent. C’est juste un cri aux quatre vents pour dire qu’on existe aussi. Le féminisme, je ne l’entends pas comme les jérémiades et les subversions contre les hommes ainsi que c’est parfois malheureusement le cas sur les réseaux sociaux. J’ai toujours une grande admiration pour deux icônes du féminisme qui ont mis un accent particulier sur l’éducation et la consolidation de la famille : Mariama Bâ et Aminata Sow Fall. J’estime qu’elles ont ouvert une voie qu’il nous faut suivre en mettant à contribution nos propres talents. A leur suite, j’envisage soutenir tous les programmes de coaching et les structures d’écoute qui luttent pour que les jeunes ne se sentent plus rejetés ou abandonnés.

Je compte enfin apporter mon aide à l’orientation professionnelle des jeunes. Surtout pouvoir les encourager à s’engager dans les métiers du secteur de l’artisanat qui sont pourvoyeur d’emploi et qui peuvent leur permettre très tôt , c’est-à-dire déjà dès l’adolescence, de pouvoir subvenir à leurs besoins élémentaires et de faire face à l’adversité , aux coups de la vie.

J’ai toujours une grande admiration pour deux icônes du féminisme qui ont mis un accent particulier sur l’éducation et la consolidation de la famille : Mariama Bâ et Aminata Sow Fall. J’estime qu’elles ont ouvert une voie qu’il nous faut suivre en mettant à contribution nos propres talents.

Votre mot de la fin…

J’aimerais remercier le Seigneur Dieu Tout-Puissant et toutes les personnes qui m’ont accompagnée tout le long de mon parcours, ma famille, mes enseignants, mes mentors et partenaires. Grand merci aussi à ceux qui ont permis la réalisation de ce livre particulièrement aux journalistes Souleymane Senn, Armand Bledou et à L’écrivain Yahn Aka pour son soutien. Merci aussi à vous, chère Nathasha de me donner l’opportunité de m’exprimer et de pouvoir ainsi impacter mes frères et sœurs. Votre plateforme est sérieuse et je crois que vous aussi, vous définissez à votre manière le féminisme en donnant la parole aux femmes pour qu’elles s’expriment. Ce que nous disons, finit toujours par nous faire. Et si nous y croyons chaque jour un peu plus, nous nous réalisons et de nos œuvres, germe une nouvelle définition de nos différents combats. Merci à vous.

Conversations avec Ricardo Akpo

DACOSTA – Seul le travail ennoblit l’homme

*De son vrai nom Cédrick Munkina Kimwigulu, Dacosta est un comédien interprète, acteur, auteur, scénariste et metteur en scène congolais. Il est né à Kinshasa le 21 novembre 1989. Quatrième d’une famille de 10 enfants dont 2 filles et 8 garçons. Ses parents Munkina Émile et Thérèse Ambele sont originaires de la région du Kivu en RDC.

Dacosta est titulaire d’un diplôme d’état en mathématique et physique puis gradué en Science de l’information et de la communication à l’IFASIC à Kinshasa/ Gombe. Il est actuellement inscrit en Licence (Master, maîtrise) dans le même Institut.

Nathasha Pemba l’a reçu au Sanctuaire de la Culture.

Bonjour Dacosta, comment allez-vous ?

Bien. Je me porte bien. Merci.

Acteur, comédien et scénariste… Où et quand écrivez-vous vos scénarios ?

J’écris souvent chez moi à la maison ; peu de fois aux endroits très calme aux heures de la journée ou de la nuit ! Bref, quand je me sens inspiré, je tiens mon stylo et me procure un bout de papier.

Comment décririez-vous votre démarche artistique ?

Une démarche très simple et claire pour une société qui est appelée à relever plusieurs défis liés à la sécurité, au social, à l’éducation, à la santé, etc. Le théâtre et le cinéma congolais étant des vecteurs de communication, mes scénarios constituent toujours un message pour la jeunesse de mon pays, la République démocratique du Congo en particulier, et de l’Afrique en général. Je vise le changement de mentalité, l’auto-prise en charge pour développer notre pays, l’éveil de la conscience et la confiance en soi. J’invite aussi les jeunes, dans mes créations, à passer à l’action tout en canalisant leurs énergies sur un but bien précis.

Quelle place le spectateur prend-il dans votre processus créatif ?

Il (elle) occupe une place de choix. Vous savez… Par définition le théâtre est le miroir de la société, c’est le conflit humain représenté sur scène par les artistes devant public. Je dirai donc que l’homme est la principale source de mes inspirations, car il est l’auteur de l’action le protagoniste du conflit de société. C’est pourquoi le message lui est prioritairement destiné. Le spectateur est indissociable de ma création. Il est, à ce titre, mon premier intérêt que ce soit pour le théâtre mais aussi pour le cinéma.

Je suis devenu comédien par le truchement de “l’école africaine”, c’est-à-dire auprès d’un grand. J’ai cité M. Elombe Faustin Sukari, mon maître que je salue. M. Elombe Faustin Sukari est licencié en Mise en scène à l’INA (Institut National des Arts).

Avez-vous une formation de comédien/acteur ? Si oui, qu’est-ce que cette formation apporte à votre écriture ?

Je suis devenu comédien par le truchement de “l’école africaine”, c’est-à-dire auprès d’un grand. J’ai cité M. Elombe Faustin Sukari, mon maître que je salue. M. Elombe Faustin Sukari est licencié en Mise en scène à l’INA (Institut National des Arts). Cette formation dont j’ai été bénéficiaire date de plus de dix ans aujourd’hui. C’est depuis 2012 que j’ai intégré le Théâtre Simba de M. Elombe. Cette expérience m’a beaucoup forgé au point de m’amener à occuper la responsabilité de directeur artistique adjoint de la troupe en 2021 au mois de mars. J’ai aussi créé en 2016 ma propre troupe de théâtre Amani*. Comme vous pouvez le constater, cette maturité artistique est le fruit d’un long parcours, du parcours d’un bon élève. J’ai su tailler ma ligne artistique puis faire asseoir une conviction et une marque personnelle, marque qui est devenue la ligne de conduite de ma pensée durant la création de mes œuvres. Mon objectif est d’une part de décourager les vices et d’autre part de faire primer les vertus.

Quel est le meilleur conseil que vous avez reçu dans ce métier ? Et le pire conseil ?

“Le théâtre ne vous rendra peut-être pas riche mais noble sûrement si vous le faites avec beaucoup d’abnégation”, dixit Elombe. Le pire c’est lorsque j’ai commencé le métier. Plusieurs personnes ont voulu nous faire croire que le succès était forcément le résultat du fétiche ou d’autres pratiques contre nature ! Heureusement pour moi, car très tôt, j’ai compris que le succès était en réalité le résultat d’un travail sans limite.

Quel aspect de votre métier vous rend le plus heureux ?

La considération des tiers, le respect, l’estime qu’on reçoit des personnes autres que celles de notre famille sont des satisfactions morales, même si elles ne sont pas matérielles. Il y a aussi l’immortalité de l’artiste après son brillant passage sur terre et cela grâce à ses œuvres. C’est passionnant.

Dans votre parcours, de quelle réalisation êtes-vous le plus fier ?

Plusieurs d’entre elles me motivent tous les jours. Néanmoins, à la base je fais partie de cette classe d’homme qui se remet toujours en question. J’attends de voir encore mes prochaines réalisations et créations. Motivé oui, mais être fier, je pense que je dois encore attendre un tout petit peu, car il y a encore du chemin à faire.

« La langue ne peut pas être un frein pour le théâtre ou le cinéma congolais ».

Il y a floraison et foisonnements de chaînes YouTube dont sont propriétaires les acteurs et comédiens congolais, est-ce que décentrement ne favorise pas la perte des énergies ?

Vous savez, les comédiens (e) congolais n’ont même pas un statut d’artiste. Cela est dû à l’absence d’une politique culturelle. Dans notre pays les artistes ne vivent pas de leur métier comme nous le recommande la Bible : * l’homme ne vivra qu’à la sueur de son front… *. Aujourd’hui tous plongent dans la cascade artistique. Nous n’avons pas beaucoup de choix. Donnez un coup de pouce à l’autre demain, il en sera pareil pour vous. C’est triste mais c’est bien ça la réalité.

Vous êtes aussi scénariste, comment cela se passe-t-il lorsque vous devez proposer un projet à un producteur ? Est-ce lui qui établit le choix des acteurs ou bien est-ce vous ? Et si c’est vous, quels sont vos critères principaux ?

Avec respect, rectifions ensemble *pseudos producteurs*. J’avoue que nous n’avons pas de producteurs congolais actuellement. S’il faut dire un mot sur les amis (e) qui nous contactent pour les télés dramatiques avec le peu qu’ils ont dans leurs poches, allons-y…

La réalité est simple et complexe à la fois, mais en tant qu’acteur on a le profil d’acteurs et actrices pour chaque personnage ou carrément les protagonistes et après intervient aussi le côté commercial qui est vendable simplement à la miniature. Les échanges viennent de là avec celui ou celle qui vous passera l’argent pour ce film. C’est ce que nous appelons communément  Nzonzing. Pour moi, le plus favori de mes critères c’est : le talent. Après, s’ensuit la disponibilité.

Avez-vous déjà songé à vous installer à votre propre compte, c’est-à-dire créer votre propre chaîne ?

Je possède une chaîne YouTube : Dacosta TV1 qui malheureusement souffre de subvention pour son fonctionnement. J’ose croire que le temps viendra pour réaliser ce que j’ai dans ma tête il y a de cela belle lurette.

En dehors de l’Afrique noire anglophone qui essaie de s’en sortir un peu, on sait que l’industrie du cinéma en Afrique noire francophone est souvent reléguée au second plan… On le dirait d’ailleurs de l’industrie culturelle en général, alors comment survit financièrement un acteur comédien congolais ?

Financièrement un comédien ou acteur congolais est un survivant de l’enfer ! Seul Dieu pourra nous dire quand et comment les choses vont s’améliorer afin de permettre au comédien (e) de quitter cette misère sérieuse sans aucune définition certaine. Les artistes sont accroupis dans une précarité qui donne naissance à beaucoup des phénomènes comme la prostitution, la débauche, le Matolo qui n’est rien d’autre que de la mendicité informelle. Les autorités du pays doivent agir car comme le disait Emile Henriot, la culture, c’est ce qui demeure dans l’homme lorsqu’il a tout oublié.

« Chaque peuple a sa culture. Si la nôtre est la dédicace de nos notables à travers nos œuvres, que ferons-nous ? »

On reproche souvent aux acteurs et comédiens congolais de rester ancrés dans la langue lingala, de beaucoup tourner autour des thématiques de sorcellerie ou d’églises, de kobouaka ba mabanga… Pensez-vous que ce sont des handicaps pour l’universalisation de votre art ?

Oui et non ! La langue ne peut pas être un frein pour le théâtre ou le cinéma congolais. Si tel est le cas, nous ne parlerions pas du cinéma chinois qui est fait en chinois. D’ailleurs les Africains anglophones le font dans leur dialecte. Chaque peuple a sa culture. Si la nôtre est la dédicace de nos notables à travers nos œuvres, que ferons-nous ? Le lingala est une belle langue d’Afrique au même titre que le français le swahili et l’anglais. Tout est question du développement de l’industrie du cinéma congolais, de placer l’artiste dans de très bonnes conditions de travail, c’est-à-dire dans les standards internationaux. C’est de cette manière que notre culture et nos langues seront exportées vers d’autres pays comme on nous importe le français, l’anglais et bientôt le chinois. Créer une industrie cinématographique ennoblira ce métier en RDC. Et là, certains aspects liés à la précarité à la pauvreté tomberont d’eux-mêmes.

La série Buzz en quelques mots ?

La série BUZZ est une série jeune, urbaine. C’est un mélange du théâtre congolais de base appelé communément MABOKE NGALIEMA et la représentation de la société occidentale à travers les séries qu’on diffuse chez nous sur des chaînes comme CANAL. La série BUZz a pour objectif d’interpeller sur l’usage des réseaux sociaux, les applications dans nos téléphones, réveiller la conscience sur les biens fondés de l’humanisme que nous avons perdu il y a quelque temps suite à la montée spectaculaire de la vitesse d’Internet. C’est une série à consommer sans modération sur 👉 TemoTv officiel.

Comment décririez-vous la situation culturelle en RDC actuellement ? Et vos souhaits ?

Une situation culturelle morose laissant l’artiste à son propre et triste sort. Malheureusement nos dirigeants ne sont là que pour eux-mêmes et pour leurs propres intérêts. On n’a pas vraiment de la chance nous autres artistes et acteurs culturels congolais. Le souhait est que les choses changent, que l’artiste vive de ses œuvres, car nous sommes dans un pays de plus de 80 millions d’habitants, mais nous sommes pauvres faute d’une politique culturelle dans notre pays. Cela fait très mal.

Lorsque l’on regarde les théâtres films sur YouTube, on a l’impression que vous êtes davantage suivis par la diaspora congolaise… Que faites-vous pour que le peuple congolais sur place, qui est une grande population, puisse se retrouver dans vos productions ?

Il y a un certain temps où les propriétaires des chaînes locales utilisaient abusivement leurs grilles des programmes. C’était au détriment des artistes comédien(es). Ils faisaient payer des sommes d’argent pour diffuser des productions ne leur appartenant pas. Des troupes théâtrales ont souffert de cette escroquerie sans nom. L’avènement de YouTube a permis aux troupes d’évoluer en toute liberté puis d’être consommées partout dans le monde. De ce fait, je pense que l’effort à fournir serait, de la part des patrons des chaînes de télévision locales, de revoir leur manière de faire étant donné qu’ils ne donnent aucune subvention pour le bon fonctionnement de ces structures. On peut aussi penser à la mise en place d’un partenariat gagnant-gagnant. Voilà.

Quel est, selon vous, l’avenir de la langue française en RDC ?

La langue française se porte bien en République démocratique du Congo. Son avenir est garanti dans la mesure où de plus en plus les nouvelles générations qui arrivent souhaitent maîtriser cette langue administrative de notre pays qui nous est indispensable. Je souhaite bon vent à la langue de Molière.

J’ouvre un livre au hasard et je vous transmets ce que j’y lis. Vous avez la mission de me dire comment cette phrase résonne en vous :

accueillons-nous les uns les autres. Peut-être alors commencerons-nous à moins nous laisser gouverner par nos peurs, à nous faire moins de fausses idées, à nous délester des préjugés et des stéréotypes qui nous divisent inutilement. Peut-être serions-nous mieux à même de saisir ce qui nous rapproche. Il ne s’agit pas d’être parfait. Il ne s’agit pas de savoir où mène notre route. Accepter d’être reconnu et entendu, de s’approprier son histoire singulière, de faire résonner sa voix véritable est une force. Et être disposé à rencontrer et à écouter l’autre est une grâce. Voilà quel est à mes yeux, le chemin de notre devenir” (Michelle Obama, Devenir, p. 485)…

Sans tergiverser, le message qui raisonne en moi, c’est bien celui de l’amour du prochain qui est le socle de tout sur terre.

Comment distinguer théâtre et cinéma dans l’imaginaire congolais et dans l’imaginaire du Comédien/acteur lui-même ?

Le Théâtre est le live des comédiens (e) devant un public dans une salle de spectacle ou autre lieu considéré comme scène pour l’occasion où on représente un conflit X, Y, Z d’une société quelconque, tandis que le cinéma c’est la mise en scène et scénario voire l’interprétation des comédiens ayant subi certaines touches de la technique, c’est-à-dire filmé par la caméra et monté à l’ordinateur avec tout ce qui va avec, puis diffusé à la télévision ou sur tout autre support audiovisuel pour le bonheur du grand public. D’ailleurs, les mots peuvent tout dire : Au théâtre le public est nommé spectateurs mais au cinéma le public est nommé téléspectateur le préfixe (Télé) dit tout.

Quels sont vos mots ou vos tactiques pour garder espoir que les choses pourront évoluer dans votre pays ?

Seul Dieu est le maître des temps et des circonstances. En tant que chrétien, j’ai confiance et je crois que les choses finiront par changer un jour. Je suis un bosseur et je suis convaincu que seul le travail ennoblit l’homme. L’adage dit également qu’aussi longtemps que nous garderons nos mains levées pour brandir haut notre savoir-faire à travers notre culture, la réussite ne tardera pas à se prononcer. Le théâtre et le cinéma de notre pays sont, pour nous artistes, le seul cadre approprié d’expression libre pour apporter notre touche au développement de notre beau pays.

Conversation avec Nathasha Pemba

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Vivre, au-delà du 8 mars- Huguette Nganga Massanga

Chère Wami,

Cela fait des années que je vis à Kubayah et lorsque j’arrive à Ndjindji, j’ai l’impression que beaucoup de personnes me prennent pour une Occidentale. Toi-même tu connais mes positions par rapport à cette histoire des festivités du 8 mars au pays. Dans une semaine, nous allons toutes sortir, portant un beau pagne, drapées comme des reines ou mal fagotées comme de pauvres paysannes oubliées dans nos contrées africaines, congolaises j’allais dire, pour aller célébrer la Journée internationale des droits des femmes dont le thème est : Leadership féminin : pour un futur égalitaire dans le monde de la Covid-19. Ici, il y aura des manifestations et là-bas aussi.J’imagine les beaux pagnes colorés sur les étals, lol.

Entêtée, je tenais quand même à te partager ma lecture du moment. J’ai évité Whatsapp, ce serait trop long à lire et à écrire. Je suis revenue à la bonne et vieille méthode, la bavarde. Un e-mail était plus adapté. En ce moment, je relis Le deuxième sexe de Simone de Beauvoir. Amusée de retomber sur ceci :

👌… Or la femme a toujours été, sinon l’esclave de l’homme, du moins sa vassale; les deux sexes ne se sont jamais partagé le monde à égalité; et aujourd’hui encore, bien que sa condition soit en train d’évoluer, la femme est lourdement handicapée. En presque aucun pays, son statut légal n’est identique à celui de l’homme et souvent il la désavantage considérablement. Même lorsque des droits lui sont abstraitement reconnus, une longue habitude empêche qu’ils ne trouvent dans les mœurs leur expression concrète.👌

Nous en sommes encore là. Lol ! Quoi de plus concret que de citer ces paroles venant d’une femme occidentale, certes, aimée ou critiquée, qui en disent encore long aujourd’hui. Simone est parmi celles qui ont porté la cause féministe et aidé à remporter quelques grandes victoires dont bénéficient même des femmes vivant dans des contrées lointaines. Pour moi, même si les problèmes des femmes dans le monde ont parfois des nuances, nos problèmes demeurent les mêmes. Nous avons en commun le fait que malgré les années qui passent, malgré les évolutions technologiques survenues dans nos sociétés, les femmes peinent à obtenir une approbation sur le fait qu’elles ne jouissent pas entièrement de leurs droits. Mais aussi, elles peinent à faire comprendre le bien fondé de leurs luttes, de leurs revendications.

Comme le dit si bien Fatou Sow, tu vois ? Cette sociologue et chercheuse Féministe Sénégalaise. Elle répondait à une interview en ces termes : 👌 L’inégalité entre les sexes, un enjeu féministe de base, a été une pierre d’achoppement de taille dans le débat entre Africaines et Occidentales, entre Africaines elles-mêmes. Elle a surtout été introduite par les intellectuelles. Et même là, la revendication a mis du temps à se définir face aux exigences du développement. Elle était perçue comme une préoccupation des féministes du Nord, alors que les Africaines avaient pour priorités affirmées de promouvoir les niveaux de vie des femmes 👌.

Cette situation épuise les femmes et dégonfle plusieurs d’entre elles qui abandonnent, prises par des questions de survie au quotidien. Cela donne cet effet du constat que les femmes parlent et n’agissent pas. Qu’elles revendiquent alors qu’il leur suffirait de prendre leur place. Tout ceci est vite dit, car les réalités sont plus complexes. Il s’agit de vivre au-delà du 8 mars.

Il s’agit aujourd’hui pour nous les femmes, d’investir tous les lieux d’éducation afin de sensibiliser, d’abord les femmes. Nous devons reprendre les choses à la base. Parler des problèmes concrets des femmes sans tabous, sans fausse pudeur et sans complexe. Il est par exemple inconcevable qu’aujourd’hui, alors que de nombreuses femmes ne mènent plus la vie de leur grand-mère (qui du reste travaillaient durement) se trouvent seules responsables des tâches domestiques. Des femmes qui comme les hommes sortent le matin pour aller travailler, se retrouvent le soir à la maison à travailler encore plus parce que certains hommes et femmes continuent de penser que les tâches domestiques ont été assignées par un ordre naturel, un ordre divin.

Il est inconcevable que de nos jours, des hommes et des femmes pensent qu’il est normal qu’on cantonne les femmes à des postes subalternes et qu’on leur refuse même l’accès au travail parce que les femmes ne seraient pas capables de tenir leur langue, qu’elles feraient des enfants (donc vont désorganiser le développement économique), elles seraient émotives au point de ne jamais tenir dans la gestion du pouvoir. Il s’agit de faire confiance comme l’avait déjà pressenti Thomas Sankara qui affirmait que 👌 La vraie émancipation, c’est celle qui responsabilise la femme, qui l’associe aux activités productives, aux différents combats auxquels est confronté le peuple. La vraie émancipation de la femme, c’est celle qui force le respect et la considération de l’homme 👌

Pour ma part, les femmes seules, même si elles le veulent, ne pourront jamais remporter ce combat du respect de leur dignité, de l’acceptation de leur état d’humaine et pas de simple être venu au monde pour compléter l’homme. C’est un travail qui doit se faire dans nos sociétés pour que ces notions d’égalité ne continuent pas à être considérées comme des caprices d’intellectuelles déracinées africaines, mais comme des questions de survie pour les femmes.

Aujourd’hui, les femmes doivent jouir de leurs droits inaliénables. Droit à vivre libres, à étudier, à exercer le métier de leur choix, à procréer ou pas, à choisir un état de vie célibataire ou mariée. Droit à se mouvoir sans avoir besoin de demander l’autorisation d’un conjoint, un fiancé, d’un homme, tout court. Les femmes doivent avoir le droit de disposer de leur corps comme elles le souhaitent sans que des violeurs et pervers se permettent de justifier leurs actes en accusant une posture, un accoutrement provocant. Les hommes n’attendent pas l’avis des femmes pour étudier, exercer un métier, voyager, choisir le célibat endurci ou se marier. Aucun homme n’accepterait de se faire violer parce qu’il serait sorti, habillé d’un maillot de corps et d’un short comme nous avons maintenant l’habitude de le voir de nos jours, dans nos cités.

Il nous faut, à nous les femmes d’abord, comprendre de quoi il s’agit pour pouvoir être capables de nous défendre et de défendre nos convictions. Ce n’est pas une maladie, une dérive, ni une aliénation, encore moins une acculturation de se battre pour être considérées comme des êtres humains à part entière. Nous pouvons nous rappeler de ces africaines des siècles derniers qui ont osé défendre leur liberté, à l’instar de Kimpa Vita (18e siècle), Sarraounia Mangou (19e siècle) Lalla Fatma N’Soumer (19e siècle), Aline Sitoé Diatta (20e siècle), M’Balia Camara (20e siècle) et bien d’autres. Que l’on arrête de nous faire miroiter des images fantasmées d’Africaines soumises, éternellement passives et douces.

Notre libération dépend de nous, mais nous ne pouvons pas agir seules, car notre vie de tous les jours est faite d’interactions avec l’autre sexe qui refuse de quitter sa position de dominant. Cependant, n’oublions pas que nous avons notre part de force dans le cours de nos interactions. Chacun et chacune a besoin de l’autre. Les hommes ont besoin de nous pour avancer dans nos sociétés. Nous devons apprendre à maîtriser la règle du jeu pour tirer notre épingle du jeu. Non comme des perdantes avant même de commencer. Ni comme des quémandeuses, mais comme des partenaires qui chacun et chacune tirent les ficelles lorsque cela s’impose pour rétablir l’équilibre.

J’espère que nous pourrons nous parler en appel vidéo pour que tu me dises ce que tu penses de tout cela. Je ne te dis pas bonne fête, parce que ce n’est pas une fête. Je te dis à nos victoires année après année pour notre joie d’être des femmes épanouies.

Kubayah, le 1er mars 2021

Biographie de l’auteure

NGANGA MASSANGA Huguette est journaliste et sociologue des médias, diplômée de l’Université de Fribourg (Suisse) et du Cesti de Dakar (Sénégal). Elle a travaillé dans la presse écrite et en radio avant de s’orienter dans la communication d’entreprise. Aujourd’hui, après une reconversion dans la fonction Ressources humaines après une formation au Cegos (France), elle travaille dans la formation professionnelle et celle des adultes et des enfants. Elle gère actuellement un projet d’alphabétisation et d’implantation de formateur interne en entreprise. Elle est aussi la créatrice de l’Espace de lecture 👉 LaPerlkili, un espace de lecture pour enfants (6-12 ans) dans un quartier populaire de Pointe-Noire. Autrice et féministe, HNM s’exprime aussi dans ses romans, nouvelles, poèmes, pièces de théâtre et publications sur sa  👉page Facebook.

Ornella Assinga-Roberts : La création c’est quelque chose qui nourrit mon âme au quotidien.

Qui êtes-vous Ornella?

Je suis Ornella Assinga-Roberts, je suis mère et épouse, j’ai fait des études de sciences économiques à l’université Marien Ngouabi de Brazzaville en République du Congo. Entre 2009 et 2011, j’ai poursuivi une formation de master en sciences économiques et commerce international à l’université du Kansas aux États-Unis. Entre 2012 et 2014, j’ai travaillé dans les télécoms, le transit (au Congo) et dans le secteur minier (au Ghana).  En fin 2014, je suis captivée par l’art créatif des pagnes tissés et du batik. Je décide donc de suivre une formation en mode à l’institut Afra-K du Ghana. Je participe également à quelques ateliers de formation sur la confection des accessoires de mode et de décoration lors de mes différents voyages à Londres en Angleterre. À la suite de ces diverses formations, je mets en place l’atelier Ornella Roberts qui est une plateforme de formation dans les métiers d’art, et aussi une plateforme de production des accessoires de mode et de décoration ethniques.

Vous êtes Directrice générale de l’Atelier Ornella Roberts basé à Accra… et aussi de l’initiative Lokéto. Parlez-nous un peu de votre atelier et de votre passion pour le tissu.

Tout a commencé avec le tissu, plus précisément le batik, le bogolan et les pagnes tissés. Au Ghana, je me suis retrouvée dans une atmosphère ultra artistique, qui m’a vite séduite. J’ai commencé par réaliser des accessoires personnels avec du tissu et des perles ; ce qui a suscité le regard admiratif de mon entourage. J’ai commencé l’atelier à la maison, et j’ai sollicité quelques dames de mon voisinage. À la base, l’idée était de former et de produire pour notre marché local. Quelques années plus tard, le concept reste le même, mais je me déplace une ou deux fois dans l’année dans la sous-région pour animer des ateliers de formations en partenariat avec les ONG qui militent pour l’éducation et la formation, tel que l’ONG Butterfly au Congo-Brazzaville où nous avons déjà réalisé deux ateliers.

Lokéto est une ligne vestimentaire de l’atelier Ornella Roberts qui propose des tenues faites sur mesure pour des occasions de mariages et d’autres cérémonies prestigieuses.

Qu’est — ce qui vous a amené sur cette voie de la création à partir du tissu?

Je dirais que c’est une histoire d’amour avec le tissu, un langage que j’ai pu décrypter. Ensuite, une porte s’est ouverte, je m’y suis introduite, et c’était le coup de foudre. La création c’est quelque chose qui nourrit mon âme au quotidien.

Parlez-nous de vos initiatives à Nkayi. Pourquoi spécifiquement Nkayi?

Dans cette belle aventure, je rencontre des jeunes dynamiques et très passionnés de l’entrepreneuriat, c’est ainsi que je fais la connaissance d’une jeune femme congolaise, entrepreneure, qui est fondatrice d’une agence de mannequinat à Nkayi (Omiche Agency). Nous avons discuté de la possibilité de faire une étude de marché sur Nkayi, qui est d’ailleurs sa ville natale, donc à la suite des différents échanges nous avions jugé qu’il y avait un potentiel à explorer sur le marché de la mode à Nkayi. Elle a rejoint mon équipe comme ambassadrice et partenaire. Elle organise régulièrement les ventes et expositions de nos articles, et toutes les activités liées aux ateliers Ornella Roberts dans ville de Nkayi.

Quelles sont vos autres activités en République du Congo, votre pays d’origine?

Au Congo, nous avons déjà réalisé deux ateliers de formation en partenariat avec l’ONG Butterfly. Nous avons jusqu’à ce jour formé 94 personnes (hommes et femmes), et ces derniers œuvrent déjà dans le marché local, ensemble nous bâtissons progressivement un réseau des créateurs du Congo. Ceci est une activité récurrente, car nous avons fixé comme objectif, celui d’outiller via nos formations, les jeunes talents ou simplement les passionnés des métiers d’art au Congo. Donc chaque année au Congo-Brazzaville, le mois d’avril dans notre agenda est réservé pour les ateliers de formation.

Quels sont les articles que l’on peut trouver chez vous?

Alors, nous avons trois catégories :

Les vêtements (homme et femmes)

Les accessoires de mode (sacs, bijoux, ceintures, etc.)

Les accessoires de décoration (coussins, rideaux, l’art de la table et autres).

Un créateur dans le monde qui vous touche beaucoup?

Absolument, je suis une grande admiratrice et en même temps très fier du savoir-faire des autres créatrices, je pense que l’art nous met devant un fait accompli irréfutable, au Ghana je suis très fan des créations Pistish et Christie Brown.

Créer pour vous, c’est

C’est voyager !

Enseigner la création pour vous c’est quoi?

Je dirai plutôt que j’enseigne les techniques de confection, je ne pense pas être en mesure d’enseigner la création ou la créativité parce que c’est un rapport personnel avec la façon dont on perçoit le monde, ça peut être une interprétation quelconque des émotions, un passé, un vécu, etc… Ce que je fais, j’enseigne comment transformer une idée ou une vision en quelque chose de tangible. Et pour moi, c’est simplement donner le meilleur de moi-même, c’est créer un pont entre l’autre et moi.

La création qui vous a le plus marqué dans votre vie?

La création « Conscience » de la marque ghanéenne Christie Brown.

La personne que vous auriez aimé habiller et pourquoi?

Je pense que la liste est longue, mais je vais juste citer quelques noms : Madame Michelle Obama, l’actrice Aïssa Maïga, et la chanteuse béninoise Angélique Kidjo. Ce sont des modèles pour la femme que je suis, et chacune dans son travail porte grand message d’unité, d’amour et de courage, le tout avec beaucoup de classe et d’élégance, ce sont mes women crush.

La réalité que vous chérirez dans cent ans…L’héritage culturel dans sa diversité, les rencontres, ce que j’aurais imprégné à mes enfants, ce que j’aurais donné en retour à ce monde, à mes amis, et à mes collaborateurs,

Quels sont vos défis dans les années à venir?

Au-delà de l’aspect business, je souhaiterais œuvrer encore plus pour une cause qui me tient à cœur : celle de former et de faire passer les connaissances que j’ai acquises à des générations futures.

Si je vous demande le mot qui décrit le plus votre conception de la Vie, ce serait lequel?

Exploratrice. La vie est un merveilleux voyage sur une route remplie de mystères tant bien que mal, mais j’ose la vie.

Nous avons tous droit à un lieu qu’on aime, qui nous remet les pendules à l’heure. Alors, quel est pour vous le lieu où l’atelier qui vous parle le plus à Accra ou dans le monde? Et pourquoi?

Au Ghana, je suis dans un grand bain de culture et de créativité, il y’a des expositions d’art chaque semaine, à chaque coin de rue, mais mon lieu fétiche, si je peux me permettre de le dire ainsi, un lieu authentique où je puise mon inspiration, où j’entre vraiment dans un vif contact avec l’imaginaire, c’est le marché local. Le marché pour moi c’est la grande scène. Je vais au marché 2 à 3 fois dans la semaine, pas toujours pour les courses, mais pour m’imprégner des valeurs et des connaissances, telles que le courage, le langage de la négociation et la ténacité de nos mamans commerçantes; elles sont mes muses. Toute la culture est là au marché, c’est un brassage de plusieurs d’ethnies, un véritable lieu de rencontre d’idées et de personnalités qui va au-delà des échanges commerciaux, et c’est ça qui me parle.

Quelle cause vous tient le plus à cœur?

Mon projet de formation reste mon plus grand rêve, l’entrepreneuriat dans la jeunesse africaine, c’est quand même un sujet assez populaire, et on en parle sur toutes les plateformes, mais le besoin est toujours là, celui de mieux encadrer nos entrepreneurs parce qu’ils ont tous de très bonnes idées, cela dit nous avons encore besoin des formations techniques, pluridisciplinaires pour mieux outiller nos entrepreneurs.

Est-ce que posséder une bonne idée suffit pour lancer une entreprise?

La bonne idée, c’est la graine, qu’on enfouit dans le sol, et pour une meilleure germination il faut réunir d’autres conditions. Une idée innovatrice c’est déjà un début, mais après, il faut faire l’étude du marché pour évaluer la faisabilité, faire son business plan et chercher des financements ou des partenaires pour mieux se positionner.

Qu’est-ce que vous auriez aimé savoir avant de vous embarquer dans le monde de l’entrepreneuriat? Pourquoi

Pour mon cas, c’est la même chose qui pose un problème jusqu’à ce jour, la logistique, c’est très complexe dans la sous-région. Nous sommes basés au Ghana et nous avons des demandes venant de chaque coin du continent, mais la logistique n’est pas très fiable, d’ailleurs les coûts sont très élevés, pour servir les pays comme le Malawi ou la Namibie où nous recevons régulièrement un bon nombre de demandes. C’est tout un calvaire. Par contre, pour expédier en France, Canada ou aux USA ça marche très bien même avec la poste en une durée de 12 à 14 jours.

Des suggestions à ceux et celles qui veulent se lancer dans le monde de l’entrepreneuriat en Afrique? Comment démarrer et comment pérenniser son activité?

Je ne cesserai de le dire, je pense qu’en Afrique il y a encore de la place pour un bon nombre d’entrepreneurs, et c’est aussi l’une des raisons pour lesquelles je forme les futurs afro preneurs dans les métiers de la mode. Il faut commencer par une formation, ensuite créer une niche ou une base clientèle autour de soi, il est aussi important de former des partenariats avec d’autres acteurs qui sont dans le même corps du métier.

Femme d’affaires et maman… comment arrivez-vous à concilier ces deux responsabilités?

Femme d’affaires et maman sont deux volets de ma vie qui me complètent parfaitement, je travaille de 9 h à 15 h à l’exception du week-end, ce qui fait que le reste de l’après-midi j’organise ma maison. Pour mieux gagner du temps, je prépare toujours mes journées en avance entre 21 h et 23 h avant de me coucher.

Interview réalisée par Nathasha Pemba

Contacter Ornelle Assinga-Roberts Atelier

Mini série Hollywood : Des leçons…

Je viens de regarder la mini-série Hollywood sur Netflix… 

Petit résumé: 

Hollywood est une mini-série télévisée américaine en 7 épisodes de 44-57 minutes. Elle a été créée Ryan Murphy et Ian Brennan. Elle est diffusée sur Netflix. La série se déroule plein âge d’or Hollywoodien, juste après la Seconde Guerre mondiale. Elle accompagne un groupe d’artistes dont le rêve est de faire carrière dans le cinéma. C’est un docu-fiction.

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Ce film a l’avantage de parler de l’histoire, mais aussi des difficultés rencontrées par des personnes jugées comme différentes par la société… Ils ont pris le pouvoir dans le monde du cinéma… 

J’en ai gardé quelques phrases inspirantes…

heart* »La grandeur vient du raffinement »

Il y a un dialogue essentiel dans l’épisode 7… l’échange entre Camille Washington (Laura Harrier) et… Hattie McDaniel(Queen Lattifah)

Camille Washington : Je suis ravie qu’on se voie si fréquemment. Sans vos conseils, je ne sais pas comment j’aurais tenu pour la première, les interviews…

Hattie McDaniel : Les nominations pour les Oscars sont pour bientôt…

Camille Washington : Ah tiens ! vraiment ?

(…)

Hattie McDaniel: D’après ce ce que je sais, c’est que tu as vraiment tes chances

Camille Washington : On verra

Hattie McDaniel : Alors écoute, si tu es nominée, je veux que tu te fasses entendre. Ne te la joue pas craintive. Tu iras à chaque inauguration, à tous les déjeuners pour répondre aux questions comme si c’était ce qu’on t’avait demandé de plus profond. Compris ? Et ne te laisse pas intimider. J’ai encaissé les coups, j’ai dû me taire. J’ai travaillé dur toute ma vie. Je savais qu’il fallait que je mette les bouchées doubles pour y arriver. Pour être la première. Je l’ai fait.

(…)

Quand tu iras à la cérémonie, assieds-toi au premier rang. Crie, hurle, bats-toi s’il le faut. Exige le respect qui t’est dû. Peu importe que tu gagnes ou perdes. L’enjeu est bien plus grand. Ce qui compte, c’est d’être là parmi les autres.

(…)

Alors vas-y et montre que tu es à ta place. Pour moi, pour nous tous…

***

« Votre histoire est importante. N’en doutez jamais. Racontez votre histoire. Vous comptez. Votre vie a de la valeur. Alors, sortez et vivez votre vie en gardant la tête haute, et racontez-la car je suis la preuve que des gens veulent l’entendre ». Archie Coleman (Jeremy Pope)

heart
heart
heart

Dans la vie, il y a toujours des gens pour nous décourager, nous conduire vers une haine de nous-même. Mais, il y a aussi des gens qui nous ouvrent les portes de notre réalisation sans nous juger… Il faut toujours savoir les remercier, peu importe.

J’ai adoré cette mini-série que je vous recommande de regarder aussi.

Pénélope Mavoungou

Suzanne Kemenang, éditrice francophone dans le paysage ontarien

Bonjour Suzanne, comment allez-vous ?

Bonjour Nathasha, je vais très bien merci.

Qui est Suzanne Kemenang ?

Suzanne Kemenang est une jeune femme entrepreneure, fondatrice des Éditions Terre d’Accueil, une maison d’édition francophone basée dans la grande région de Toronto, en Ontario. Je suis originaire du Cameroun et je vis au Canada depuis 2007.

Une éditrice francophone dans le paysage ontarien…  Quels sont vos défis ?

Je n’ai jamais vécu ma francophonie en Ontario comme un handicap, bien au contraire ! Être francophone en Ontario, pouvoir vivre et travailler en français, permet de développer rapidement un sentiment d’appartenance à une grande et belle famille. Il y a aussi beaucoup plus d’ouverture et d’accessibilité à bien des égards, ce que je n’ai pas toujours retrouvé au Québec, c’est pourquoi je parlerais plus d’opportunités que de défis d’après ma propre expérience. Opportunités parce que les Éditions Terre d’Accueil viennent combler un besoin de représentation d’une bonne partie de la population francophone, ontarienne et même canadienne issue de l’immigration et mettre l’accent sur les auteurs et les sujets qui se rapprochent de leur réalité.

L’Ontario et le Canada en général étant une terre d’immigration par excellence, les sujets qui pourraient être traités autour de l’immigration et dont aucune autre maison d’édition francophone hors Québec ne parle, sont infinis. De même, les individus issus de ce mouvement de population au Canada ou ailleurs et qui contribuent à l’avancement de leur terre d’accueil ont beaucoup de choses à partager parce qu’en fin de compte, on vient tous de quelque part et on a toujours quelque chose à apprendre de l’autre dans sa différence et sa singularité.

***

Je n’ai jamais vécu ma francophonie en Ontario comme un handicap, bien au contraire !

***

Terre d’Accueil est votre maison d’édition : Quels sont les domaines explorés par votre maison d’édition… les sujets de prédilection ?

La maison d’édition a choisi de ne pas publier des ouvrages de fiction, mais de se concentrer sur les biographies, les guides pratiques, les beaux livres ou encore des ouvrages en spiritualité et croissance personnelle. De cette façon, la possibilité sera donnée aux auteurs de mettre en avant leurs compétences et les faire connaître au moyen d’un livre. Nous espérons aussi révéler des talents, donner une plateforme à des personnes qui ne sont pas nécessairement tournées vers la fiction et qui ont des histoires à raconter, des expériences à partager ou des connaissances à transmettre.

Il existe aussi au sein des Éditions Terre d’Accueil une section dédiée aux projets spéciaux qui permettra à la maison d’offrir des services clé en main. Ces projets seront des occasions d’accompagner des organismes ou des particuliers dans leur travail éditorial à des fins de publication.

La francophonie, parlons-en… La francophonie a-t-elle un avenir en Ontario ? Et au Québec ? Et dans le monde ?

L’avenir de la francophonie repose sur la capacité des pays comme le Canada qui accueillent les francophones en provenance du monde entier, de miser sur la pluralité et la diversité des différentes cultures francophones pour garantir l’avenir de cette belle langue ici et ailleurs.

Imaginez-vous en face d’un enseignant à l’oral qui vous dit ceci : « Le meilleur est ma destinée », dites-moi en deux phrases ce que vous en pensez…

Suivre sa voie. Avoir confiance en l’avenir.

Des projets ?

Plein la tête ! Dont quelques-uns qui me tiennent particulièrement à cœur et que j’espère lancer très bientôt, mais aussi de belles collaborations à venir. Restez à l’affût pour plus de détails !

Notre site internet : www.terre-daccueil.com

Facebook : @editionsterredaccueil

Merci

Propos recueillis par Nathasha Pemba

Alvie Bitemo: pour moi, chaque note de musique a de la valeur et du sens. Pour elle-même et pour l’autre car aucune note ne se suffit à elle-même dans la mesure où elle donne constamment de la valeur à une autre note

Originaire du Congo-Brazzaville, elle exerce aujourd’hui sur le plan international. Sa musique n’est pas que congolaise, car ce qu’elle chante reflète le métissage des sonorités du Congo, de l’Afrique et du monde. En effet, Alvie s’inspire de beaucoup de diverses couleurs musicales du monde.  Celles-ci n’ont aucun incident sur ses racines congolaises.

Dès son plus jeune âge, Alvie Bitemo rêve de musique et de chant. Elle chante, elle compose. Elle sait déjà ce qu’elle sera plus tard. À l’âge de onze ans, elle dit déjà, avec conviction, à son père : « Je serai chanteuse !»

Mes racines congolaises me définissent prioritairement 

Cet ancrage dans sa culture d’origine lui permet, dès lors, de se définir comme une citoyenne du monde avec une Âme congolaise. Tout cela en lien avec sa vocation de chanteuse, de comédienne et de costumière.

Durant son enfance, Alvie n’avait pas droit à la parole devant les adultes, non pas parce qu’elle était brimée, mais parce qu’elle est passée par un moule éducatif où un enfant devait se taire lorsque l’aîné parlait ou engueulait. Pour ne pas étouffer ses pensées, elle a choisi de se réfugier dans la chanson :

Je chantais tout ce que je ne pouvais pas dire devant les adultes 

Tout est parti de là. Après le soutien constant du père, il y a eu d’autres visages comme celui d’Alain Ndouta, du pianiste Eustache. Consciente d’avoir besoin de l’expérience de certains aînés et aînées pour solidifier sa vocation, Alvie est passée par l’apprentissage auprès d’autres grands artistes congolais comme Clotaire Kimbolo, le Général Makoumba Nzambi, Armel Malonga et bien autres.

 Je ne compte pas m’arrêter là, car dans la musique comme dans la vie en général, nous sommes toujours en apprentissage 

Alvie et les autres artistes ?

Je suis fan de Tracy Chapman, Myriam Makéba, Angélique Kidjo, Abetty Massikini et bien d’autres qui ont forgé et continuent de forger l’artiste que je suis ». Mon chanteur de cœur est Lokua Kanza. Avec les autres artistes de ma génération, les choses se passent bien.

Quelles difficultés rencontres-tu dans l’exercice de ta profession ?

Des difficultés ? Il en existe dans chaque profession. Ma première difficulté se trouve avant tout dans ma condition féminine. Etre femme dans un domaine où la prédominance est masculine n’est pas chose aisée. Et, en Europe la situation est encore plus difficile. À ma condition féminine s’ajoute ma condition Noire. Je suis donc une femme noire, et lorsqu’on est une femme noire dans ce milieu, on vous colle tout de suite quelque chose à la peau, une étiquette du genre :  » vous faites du jazz ? Vous devriez » ou encore  » Faites de la rumba congolaise ».

Et quels sont tes moments de bonheur ?

Le bonheur dans mon métier, ce sont toutes ces belles rencontres que je fais à chaque concert, à chaque création théâtrale, à chaque création de costumes…

Quel est ton plus beau souvenir ?

Mon plus beau souvenir… Je ne saurais le nommer. J’ai plein de beaux souvenirs et je sais que d’autres sont à venir. Cependant, j’avoue que je suis restée très marquée par ma rencontre avec Lokua Kanza au Brésil. C’était lors du festival des Arts nègres. Je ne l’avais jamais rencontré auparavant. Mais les meilleurs souvenirs c’est aussi… Après un spectacle de théâtre. Parfois, c’est comme une transe, Parfois comme un rêve. L’après-concert est toujours émouvant. C’est ineffable. Ce sont des étincelles qui illuminent mes yeux et je me dis au fond de moi : « Il suffit que ça dure ».

Combien d’albums à ton actif ? Un album à venir ?

J’ai un album, Mini Ouenzé, qui s’appelle Lamuka. Il s’agit d’un duo avec Benoist Bouvot. Actuellement je suis en studio pour un projet d’album en solo.

Es-tu un auteur compositeur ? Si oui, comment les chansons te parviennent-elles ? Par rêve ou par l’observation des phénomènes sociaux ?

Oui, je suis auteur et compositeur. Je compose mes chansons, il m’arrive de rêver un morceau ou encore quand je fais la marche. Le fait social aussi joue un rôle essentiel dans mes compositions. En outre, j’adore faire une balade quand il pleut, j’adore sentir la pluie sur moi, car il y a toujours une mélodie qui vient à moi.

J’ai écouté Mawazo. Est-ce le souvenir de quelque chose que tu as vécu ? Ou bien cela est dû au fait que de plus en plus les nations se déchirent en se fondant sur la différence ethnique ?

Mawazo ne parle pas de déchirement ethnique. Cela étant, j’ai beaucoup de chansons qui puisent leurs inspirations sur tous ces problèmes qui continuent à mettre le Congo et certains pays d’Afrique en déséquilibre. Les problèmes ethniques, je les ai connus, oui, et je continue à les rencontrer, d’une manière ou d’une autre, car au Congo cette affaire n’est toujours pas résolue.

Certains musiciens avec qui je discute souvent me parlent de leur difficulté à trouver de producteurs fiables dans le milieu. Est-ce ton cas ?

Oui. Il y a un grand problème concernant la plateforme artistique congolaise. Que ce soit au pays ou bien ici en Europe, la culture d’un pays doit d’abord être soutenue par ledit pays qui doit reconnaitre ses artistes, moyennant un financement national. Cela, dans le but de faire fonctionner l’artistique, avant de se mettre à demander des partenariats aux autres pays. Or de nos jours, pour réaliser une création qui tienne vraiment la route avec des moyens comme il faut, c’est difficile si on n’est pas soutenu. Souvent les subventions viennent d’ailleurs et même quand le spectacle est monté par des artistes congolais résidant à l’étranger, le Congo est incapable d’accueillir le spectacle. Il y a fréquemment des spectacles comme le théâtre ou la musique qui sont composés de plusieurs nationalités d’Afrique ou d’Europe. Il y a toujours une tournée organisée selon les nationalités. De fait, le spectacle finit par aller dans le pays de chaque artiste et le Congo est toujours absent. Le Congo ne prend jamais en charge quoi que ce soit. Et c’est bien dommage pour ce pays de grade tradition culturelle.

Alvie actrice ? Tu es une artiste complète si je comprends bien… Quels sont les œuvres de cinéma où l’on peut te voir ?

Oui j’essaie d’être complète. C’est un travail de tous les jours. Je suis chanteuse comédienne, musicienne et costumière. J’ai joué dans le film « Max et Lenny » puis dans « Bienvenue à Marly-Gomont » et dans « Nevers ».

Quel est ton style ?

Je ne veux pas me mettre dans une boite alors je fais de la musique du monde, ou encore une musique métissée; faite de toutes les couleurs du monde.

Pour moi, chaque note de musique a de la valeur et du sens. Pour elle-même et pour l’autre car aucune note ne se suffit à elle-même dans la mesure où elle donne constamment de la valeur à une autre note. Il existe donc cette dimension complémentaire, à travers les notes de musique que je révère beaucoup… Les notes, c’est un peu comme les doigts de la main .

Quelle est la différence entre musicien et chanteur ? Et Alvie ?

Le musicien c’est un joueur d’instruments, un créateur musical. Le chanteur, quant à lui, chante et interprète. Moi je suis chanteuse, compositrice et musicienne. Mais je me définis plutôt comme une Artiste tout simplement.

Quels sont tes projets ? Ton programme 2017 pour ceux et celles qui veulent te suivre ?

Mes projets en 2017, c’est de finaliser mon album en solo et faire la sortie cette année. Du 10 au 20 janvier à 15h30, je joue dans une comédie musicale « Drôle de vampires », une mise en scène de Richard Demarcy. Ensuite, je suis invitée à Bruxelles pour « La carte de blanche» de Freddy Massamba au Bozar. Du 06 au 20 février, je participe à une tournée dans les Caraïbes « Guadeloupe et Martinique » pour le spectacle « Erzuli Dahoméle ». Le 24 mars, j’ai une représentation au panthéon avec « Soulevé la politique » la suite du programme viendra plus tard.

Quel message pour la musique congolaise et africaine? Penses-tu qu’au niveau de la culture et de l’art, l’Afrique a un mot à dire au monde ?

La musique congolaise est en perpétuelle création, donc sur le bon chemin. C’est le mode de production qui nous fait défaut. Les artistes africains et africaines sont des créateurs hors pair. Je pense que la culture africaine n’a pas besoin de chercher à s’affirmer par des moyens obscurs. Elle le manifeste simplement. Elle est présente partout, elle influence beaucoup la création dans le domaine de la peinture, de la mode, de la musique et de la danse… Bref ! elle s’impose au-delà des frontières. Les Africaines et les Africains doivent être fiers de leur culture.

Propos recueillis par Nathasha Pemba

CAROLINE DION, ARTISTE-PEINTRE QUÉBÉCOISE : L’ART EST UNE NÉCESSITÉ. L’ART A TOUJOURS SA PLACE DANS L’ESPACE COMME DANS LE TEMPS. L’ART PROVOQUE L’HISTOIRE. L’ART NOUS INDIQUE MÊME OÙ ON VA.

« Le corps est le plus important, le plus artistique. Tous les gens sont beaux à leurs façons. Je ressors des choses à ma façon ; des choses que tout le monde ne voit pas.»

C’est au cours d’une exposition à la Place Laurier, à Québec que j’ai été attirée par les œuvres de Caroline Dion, Artiste Peintre Québécoise qui, a priori exposait des œuvres  faites essentiellement des « corps ». Je suis passionnée des corps, d’abord parce que je suis un corps, mais aussi parce que le corps c’est le premier élément que l’on voir lorsqu’on est en face d’un autre moi. En ce sens le corps est le lieu de la rencontre entre l’autre et moi.

C’est donc, en me rapprochant de Caroline Dion que j’ai pu solliciter cette interview, réalisés à l’intérieur d’un café, Place Laurier.

Qui est Caroline Dion ?

Caroline Dion est une artiste peintre Québécoise. Elle est née au Lac Saint Jean et a émergé à Victoriaville. Peintre (Artiste) dans l’âme, ce n’est que plus tard que cette technicienne en électrophysiologie, va se consacrer à cette passion et en faire un métier. Caroline Dion considère que l’art possède des vertus essentielles pour le bien-être de la personne humaine. Elle travaille de façon à capter l’essence émotionnelle de ses sujets. Ayant toujours été plongée dans les arts dès son jeune âge, elle explore plusieurs médiums et c’est la peinture qui a retenu son attention.

Caroline Dion est aussi récipiendaire de plus d’une vingtaine de bourses et de prix. Ce qui fait d’elle une artiste internationale, parce que même en dehors de Québec, elle expose ses oeuvres.

De ma rencontre avec Caroline Dion, j’ai pu retenir qu’en transformant la nature et en travaillant, l’homme s’accomplit, s’élabore et s’affirme. C’est dans cette création, dans ce travail que l’artiste, dans son domaine de compétence cherche à exprimer de manière durable ce qu’il porte en lui, pour son bien-être et pour celui de son entourage. L’art apparaît ainsi comme étant la marque la plus généreuse, car c’est dans l’art que la vitalité humaine atteint son summum. C’est dans l’exécution artistique que l’artiste réalise sa béatitude et se sent bien dans son être et dans toute son humanité. C’est en récréant l’univers et les corps que Caroline Dion réussit à être en harmonie avec le monde, et avec elle-même. Le corps humain reste son sujet principal. Elle peint le nu et les expressions du visage.

Comment on le remarque, à travers les œuvres de Caroline Dion,  les corps sont non seulement recréés, mais il y a aussi la rencontre interhumaine qui passe par la médiation sensible. Quand cette médiation engendre la sensation esthétique, elle créé la solitude comme la rencontre de la nature et des corps. La perception esthétique ici devient le lieu de recueillement et du bien-être de l’humain. C’est pourquoi l’art telle que présenté par Caroline Dion, en conduisant à la découverte des corps, conduit à la découverte de soi-même, de l’autre et de l’univers. La contemplation d’une œuvre d’art devient donc un acte de la vie, puisque c’est l’être vivant, corps et esprit, tout entier qui fait cette expérience. L’expérience du beau est profondément humaine, parce qu’elle met en lien la dimension spirituelle et corporelle de l’humain. Disons que, selon Caroline Dion, un esprit, dépouillée de son corps, donc de sa sensibilité aura du mal à entrer dans l’univers esthétique. En somme aucun rendez-vous de la vie concrète et réelle, telle qu’elle se donne à voir et à vivre, ne se fait sans corps.

La parole à Caroline…

-Comment êtes-vous devenue artiste-peintre ?

Je l’ai toujours été. Même toute jeune, depuis que je dessine. Je suis tellement hyper active, que quand je ne pouvais pas bavarder, je dessinais. J’ai travaillé pendant dix huit ans comme technicienne en électrophysiologie. Ensuite, Je faisais dans mes temps perdus de la Haute couture pour enfants. J’ai commencé la peinture sur les vêtements que je peignais. Pour les besoins, je me suis mise à peindre professionnellement sur les toiles. Le cheminement de ma vie avec tout ce qui est arrivé m’a conduite à devenir artiste-peintre personnel.

-Que véhiculez-vous dans vos œuvres ?

Des émotions. Ceux qui me suivent disent que mes personnages parlent. Mais il est question des émotions intérieures. La sensibilité. Des émotions à fleur de peau. Après la sérénité. On est bien intérieure, parce que la sérénité ne se lit pas sur le visage, mais c’est quelque chose qui se vit de l’intérieur. Quand je peignais, c’était des nus qui laissent voir les émotions à travers le corps humain.

-Vos œuvres représentent des visages, des corps ; est-ce que la personne humaine est votre sujet de préférence ou bien ?

Le corps est mon sujet principal. Mais je fais beaucoup d’autres choses : des fleurs. Il m’arrive d’ailleurs d’intégrer des visages dans mes paysages. Tout ce qui m’inspire, je peins.

Y-a-t-il un lien entre l’art et le corps ?

Oui. Bien évidemment qu’il y a un lien entre l’art et le corps. Le corps est ce qu’il y a de plus important et de plus artistique. Tout le monde a un corps. Tous les gens sont beaux à leurs façons. Je ressens des choses à ma façon, des choses que tout le monde ne voit pas.

Pensez-vous que même dans un monde pleinement « technologisé », la sensibilité de l’être humain peut encore se laisser émouvoir par l’art ?

Oui, je pense que l’art a beaucoup à dire à notre monde. L’art est une nécessité. L’art a toujours sa place dans l’espace comme dans le temps. L’art provoque l’histoire. L’art nous indique même où on va. Il suscite même des questionnements qui sont plus que technologique.

En dehors de l’art, avez-vous d’autres passions ?

Le Spa, le   sport… J’aime la construction. J’aime la nature, le bois. Je suis un petit peu garçon manqué… J’aime les gens et avant je travaillais dans le milieu hospitalier. Je pense que la chose qui va encore plus me chercher ce sont les sciences.

Quels types de science ?

Microbiologie, la nature, la chimie.

Êtes-vous satisfaite de votre travail ?

Oui, ils apprennent à me connaître. C’est coloré, c’est audacieux. On n’est jamais unique, mais chacun a sa personnalité et sa place.

En quoi l’art peut-il être considéré comme  une source de bien-être ?

L’art  est une véritable source de bien-être parce que créer du bonheur et donner du sens font partie de ses vocations. Transmettre aussi. L’art apporte toujours quelque chose de plus. Il est certes l’expression d’une sensibilité personnelle, mais il est aussi tourné vers d’autres personnes. Par exemple, les yeux transmettent la vraie personnalité de chacun et on peut voir au tout profond d’une personne en les regardant  dans les yeux. Ce que le corps dégage c’est une sérénité, une émotion. Il dégage L’expérience de la vie : passé,  présent et à venir…

Propos recueillis par  Nathasha Pemba

Site de Caroline Dion: https://carolinedion-car-di.blog4ever.com